• Accueil
  • Actualités
  • Des CEF aux UJPE : une transformation pour renforcer les parcours éducatifs des jeunes
Communiqué

Des CEF aux UJPE : une transformation pour renforcer les parcours éducatifs des jeunes

a young man with a basketball on the court

Annoncée fin 2025 par Gérald Darmanin, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, ma transformation progressive des Centres éducatifs fermés (CEF) en Unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) suscite des interrogations. Que va devenir le modèle des CEF ? Le cadre éducatif sera-t-il maintenu ? Les jeunes les plus en difficulté continueront-ils à bénéficier d’un accompagnement contenant ?

Cette évolution ne marque pas la disparition des CEF, mais leur adaptation aux réalités actuelles.  Les futures UJPE conserveront une réponse judiciaire ferme, dans un cadre structuré et sécurisé, tout en affirmant plus clairement encore la priorité éducative : accompagner chaque jeune dans un parcours individualisé favorisant la responsabilisation, l’insertion et la prévention durable de la récidive.

Faire évoluer un modèle, sans renoncer à son exigence

Créés par la loi d’orientation et de programmation pour la justice de 2002, les CEF ont progressivement trouvé leur place parmi les réponses judiciaires destinées aux mineurs en conflit avec la loi. Ils accueillent des jeunes dont les parcours sont souvent marqués par des ruptures scolaires, familiales, sociales et sanitaires. Face à cette accumulation de fragilités, la transformation en UJPE vise à renforcer la qualité et la cohérence des accompagnements.

L’enjeu n’est pas de passer d’un modèle fermé à un modèle plus souple, mais bien de consolider un cadre éducatif exigeant, capable de soutenir les jeunes dans la durée et de mieux articuler les différentes dimensions de leur parcours : scolarité, insertion, santé, responsabilisation et préparation de la sortie.

Une priorité éducative au cœur de la réponse judiciaire

La priorité éducative rappelle qu’un jeune confié à une structure de placement pénal reste avant tout un adolescent en construction. L’objectif est de lui permettre de comprendre ses actes, d’en mesurer les conséquences et de retrouver une capacité à construire un projet de vie.
C’est tout le sens du travail autour de la désistance : aider le jeune dans la sortie progressive des comportements délinquants grâce à un cadre stable, une relation éducative solide, des expériences de réussite et un accompagnement individualisé.

Au sein d’une UJPE, chaque temps du quotidien devient un support éducatif. Les activités scolaires, les ateliers, les temps de soin, les activités sportives ou les démarches d’insertion participent d’un même objectif : favoriser la responsabilisation et préparer durablement la sortie.

La Mazille : préserver les forces du projet existant

Pour ACOLEA, la transformation du CEF La Mazille en UJPE s’inscrit dans une logique de continuité et de consolidation. L’établissement s’appuie déjà sur une culture éducative solide, un accompagnement individualisé et un travail pluridisciplinaire reconnu.

  • La scolarité demeure l’un des principaux leviers de remobilisation : pour des jeunes souvent éloignés de l’école, retrouver des repères, restaurer la confiance en soi et préparer une orientation adaptée constituent des étapes essentielles.
  • L’insertion professionnelle occupe également une place centrale : les stages, ateliers techniques et découvertes des métiers permettent aux jeunes d’acquérir des savoir-faire, mais aussi les codes et les exigences du monde professionnel.
  • Le sport et les activités de pleine nature représentent eux aussi des supports éducatifs majeurs : ils favorisent le respect des règles, la gestion des émotions, la coopération, la confiance envers l’adulte et la remobilisation.

Un accompagnement renforcé dans un cadre sécurisé

La transformation en UJPE repose sur une organisation solide garantissant la continuité de l’accompagnement 24 heures sur 24. Elle suppose une coopération étroite entre les équipes éducatives, les professionnels de santé, les juridictions, les partenaires extérieurs et les services de milieu ouvert.

La santé constitue également un enjeu majeur, en particulier la prévention et la prise en charge des conduites addictives. Accompagner les jeunes vers le soin et prendre en compte leurs fragilités psychiques et somatiques participent pleinement de la prévention de la récidive et de la réussite du parcours éducatif.

Changer le regard sur ces établissements

Cette réforme offre aussi l’occasion de dépasser certaines représentations réductrices des CEF. Si le cadre contraint demeure nécessaire pour certains jeunes, il constitue avant tout un support au travail éducatif mené par des professionnels engagés.

L’ambition n’est pas seulement d’éviter la récidive pendant le placement, mais de permettre aux jeunes d’acquérir des repères, de développer leurs compétences, de renouer avec les apprentissages et de préparer une sortie durable. La future UJPE doit ainsi être pensée comme un lieu de passage structurant : un temps contraint, mais utile ; un cadre exigeant, mais porteur ; un espace de responsabilisation et de remobilisation.

Dans la perspective d’un démarrage au 1er janvier 2028, ACOLEA demeure pleinement engagée aux côtés de la Protection judiciaire de la jeunesse pour construire l’UJPE de demain à La Mazille.

Cette évolution constitue une opportunité de consolider les acquis, de renforcer les parcours éducatifs, de soutenir les équipes et de réaffirmer une conviction forte : même dans un cadre pénal contraint, l’éducation demeure le levier le plus solide pour prévenir durablement la récidive et permettre à chaque jeune de retrouver sa place dans la société.

Poursuivez votre lecture